RÉSIDENCES Été & Hiver 2015-16

K. Fennell

K. Fennell

Le Studio 303 offre quatre types de résidences pour les artistes émergents et en milieu de carrière. La plupart de nos résidences offrent espace, équipement, soutien artistique et administratif, présentations et contribution financière. Elles peuvent être adaptées en fonction des besoins spécifiques de l’artiste. Au-delà de la résidence, les artistes sont invités à participer à des événements de réseautage (SPARK Studio Series), événements commissionés (Métamorphose, REMIX) et autres activités de soutien (Salon Labs, etc.)

Nos artistes en résidence pour la saison 2016-17 sont Andrew Tay, Aretha Aoki, Audrée Juteau, Karen Fennell & Nikki Forrest, Lara Kramer & Emilie Monnet, Michael Bodel, Sarah Bronsard & Patrick Saint-Denis, SYNGJA, et WIVES.

 

 

DESCRIPTIONS DE PROJET ET BIOS

ANDREW TAY, FRANÇOIS LALUMIÈRE ET KATRZYNA SZUGAJEW (résidence de création, été 2016)

Fame Prayer/ EATING est un projet de performance créé par Andrew Tay (danse/performance), François Lalumière (arts visuels) et Katrzyna Szugajew (phographe/sculptrice). Il fait suite aux récents travaux d’Andrew Tay : Summoning Aesthetics et Monsters, Angels and Aliens are not a Substitute for Spirituality qui explorent la spiritualité et La magie à travers des approches et esthétiques queer. Dans Fame Prayer/ EATING, ils cherchent à examiner et confondre les idées de la pop culture et spiritualité à travers le processus de consommation. Ils s’intéresseront aux relations à la spiritualité, à la fois alternatives et à la mode, mais aussi aux ‘textes spirituels’ de la pop culture et autre idéologie d’aide à soi-même. Le matériel créé au cours de cette résidence sera utilisé pour une courte performance au festival Summerworks à Toronto, du 9 au 12 août 2016.

Andrew Tay est performeur hybrid, chorégraphe et commissaire en danse basé à Montréal. En 2005, il a co-fondé Wants&Needs danse avec Sasha Kleinplatz. Depuis, la compagnie a produit à Montréal les très populaires événements de danse Piss in the Pool et Short&Sweet. Andrew a obtenu une bourse danceWEB (Impultstanz 2012) et a participé à the Copycat Academy (Luminato, Toronto 2014-15), Les Rencontres internationales de jeunes créateurs (FTA 2013) et le projet 8 Days (2013-15) ainsi que résidences à Skanes Konst (Sweden) et K3 centre (Hamburg). Il a travaillé avec des chorégraphes Marten Spangberg (Stockholm) and Doris Ulhich (Vienne).

AUDRÉE JUTEAU (résidence de création, été 2016)

Strange stranger propose une rencontre singulière entre la danse et l’animisme – cette croyance considérant que les objets ont une âme et peuvent avoir un effet sur nos sens de la même manière que les êtres vivants en ont un lorsque nous interagissons avec eux. S’inspirant de cette croyance, cette création vise à explorer un type singulier d’expérience à l’environnement, humain et non-humain, qui nous entoure : éprouver une expérience d’étrangeté à son propre environnement afin d’en explorer des facettes inattendues. Pour ce faire, avec le danseur Nathan Yaffe et le compositeur Michel F. Côté, Audrée expérimentera les possibilités d’altération des sens proposés par l’auto-hypnose. Strange Stranger est notamment inspiré par le conte de Lewis Caroll Alice au pays des merveilles dans lequel le sens est réversible et paradoxal, semblablement à l’expérience de l’animisme.

Danseuse et chorégraphe basée à Montréal, Audrée Juteau a collaboré à de nombreux projets comme interprète avec différents chorégraphes, dont Sonya Biernath, Katie Ward, la Fondation Jean-Pierre Perreault, Deborah Dunn (cie Trial & Eros)…Fascinée par le flux créatif résultant de la rencontre, qui déborde l’expérience individuelle, ses premières expériences comme chorégraphe ont été des créations collectives avec le groupe The Choreographers. Depuis 2012, elle a créé et présenté les pièces Poisson, Youme et Sam affecte. Diplômée de LADMMI en 2003, elle fut aussi récipiendaire de la bourse Danceweb 2010 Impulstanz, octroyée par Jardin d’Europe, et elle termine présentement une maîtrise en danse à l’UQAM.

KAREN FENNELL & NIKKI FORREST (résidence de création, été 2016)

L’artiste en danse contemporaine Karen Fennell et l’artiste multimédia Nikki Forrest ont un intérêt commun pour la perception et la phénoménologie : Comment comprenons-nous ce que nous voyons et entendons? Comment déduisons-nous le sens et la signification de ce que nous percevons? Qu’est ce que la ‘présence’ et comment cela peut-il être partagé et ressenti autant par les performeurs que par le public? Jouant avec son, lumière, projections, et corps performatif en temps réel, l’idée est de créer un environnement immersif sensoriel pour provoquer un état élevé de présence et d’écoute, engendrant un sens d’intimité et de vulnérabilité.

Originaire de Terre-Neuve, Karen Fennell s’installe à Montréal en 2004 afin de poursuivre sa passion pour la danse contemporaine. Diplômée de l’Université Concordia en 2007, elle travaille en tant qu’interprète sur scène et à l’écran dans une sélection diverse de projets. Elle a notamment travaillé avec les chorégraphes Dana Gingras, Sasha Kleinplatz, Susanna Hood, Maria Kefirova, Peter Trosztmer, Eroca Nicols, et les artistes visuels Yannick Desranleau et Chloe Lum. En tant que chorégraphe, elle s’intéresse actuellement aux collaborations interdisciplinaires. De 2013 à 2015, elle a fait plusieurs projets avec la musicienne et performeuse Jackie Gallant, et leurs co-créations ont été présentées par Tangente, le Festival Phénomena, Edgy Redux et le Festival Rhubarbe (Toronto).

Nikki Forrest est une artiste visuelle / media, basée à Montréal. Elle a émigré d’Écosse en 1977, graduant (B.F.A) de l’Université de Saskatchewan en 1985. Elle a complété une maitrise en Open Media de l’Université de Concordia en 1995. Sa pratique inclut le dessin, l’installation et les projets sonores, mais elle est surtout connue pour ses courtes vidéos expérimentales, présentées dans des galleries, musées et festivals à travers l’Europe et l’Amérique du Nord, incluant Raumerweiterungshalle, Berlin; Les Instants Video, Marseilles; LeRendez-Vous du Cinema Quebecoise, Montreal; The Oberhausen Short film and Video Festival, Germany; Traverse-video, Toulouse; et Le Festival Internationale du Films sur l’Art, Montreal.

LARA KRAMER & EMILIE MONNET (résidence de création, été 2016)

Collaboration entre artiste interdisciplinaire algonquienne et française Emilie Monnet et la chorégraphe Oji-Cri. Cette résidence a été initée par Miriam Ginestier, Directrice artistique du Studio 303. Les deux artistes bénéficient d’une résidence carte blanche de 20 heures, afin de soutenir leur première collaboration.

Lara Kramer est la directrice artistique et chorégraphe de la compagnie montréalise Lara Kramer Danse. Elle est aussi une chorégraphe et interprète Oji-Cri (Ojibwé-Cri) dont les oeuvres sont intimement liées à l’histoire et explorent souvent des enjeux politiques concernant le Canada et les Premières Nations. Ses oeuvres ont été présentées à Montréal, Ottawa, Peterborough, Rama, ON, Toronto, Régina, Edmonton, Banff, Vancouver et Providence Rhode Island. Elle est reconnue comme une artiste à la défense des droits de la personne avec une voix autochtone importante au Canada. Artiste interdisciplinaire, Emilie Monnet fonde les Productions Onishka en 2011 dans le but de créer des spectacles nés de collaborations uniques entre artistes de différentes cultures et disciplines. Au croisement entre le théâtre, la performance et les arts médiatiques, sa pratique artistique puise dans la symbolique des rêves et des mythologies – personnelle et collective – pour raconter des histoires qui interrogent le monde d’aujourd’hui. Son engagement artistique s’inspire de nombreuses années d‘activisme auprès d’organisations autochtones au Canada et en Amérique Latine ainsi que de sa participation à des projets d’art communautaire avec des femmes judicarisées et des jeunes autochtones. De mère anishinabe et de père français, Émilie vit à Montréal.

MICHAEL BODEL (résidence technique, été 2016)

there are caves and attics est une co-création des artistes en danse Michael Bodel (NYC), Angel Guzman (NYC/Mexico), Kristin Swiat (NYC) et Katie Aylward (Northampton). Ils prennent pour départ un enregistrement radio du philosophe Michel Foucault datant de 1966. Le travail intègre du mouvement vigoureux, du texte parlé et en play-back, ainsi qu’une partition ofactive originale de Marc Crames, to allow audiences to grapple with ideas about the body that are better felt than thought through.

Michael Bodel a gradué de l’Université de Wesleyan en danse en 2003, il étudie présentement pour l’obtention d’une maîtrise à l’Université d’Hollins à l’American Dance Festival. Il crée des pièce aux intersections entre danse et marionnette, avec des collaborateurs toujours changeants. Il est pour la 3ème année, artiste en résidence à HERE, où il développe Sonnambula en collaboration avec la soprano Casey Cole. Son travail original inclus Sun Sheets and Small Shoes à HERE (2007) : une danse pour 4 femmes, 8 draps et 40 chaussures de bébé, Mrs. Hodges Was Struck by a Meteorite à 3-legged Dog (2006), qui explore la probabilité de l’amour et ses chances de collisions, un co-direction de Courtyard au Dance Moving Forward Festival (Los Angeles, 2004). Son travail a aussi été présenté à Dance Now Festival, the Criterion Theater (Bar Harbor, ME) et Judson Church.

SARAH BRONSARD & PATRICK SAINT-DENIS (résidence technique, hiver 2017)

Le projet Èbe (titre de travail) est une collaboration entre Sarah Bronsard (danse) et Patrick Saint-Denis (art audio) développée autour d’une scénographie interactive composée d’un choeur de cinq accordéons-robots qui interagissent avec la danse. La performance propose d’aborder la question du souffle et certains éléments rythmiques et sonores issus de la tradition flamenca, à travers le prisme des technologies numériques. Patrick Saint-Denis souhaite articuler le lien geste-son en dehors des physicalités propres au jeu instrumental. L’interactivité entre les modulations de la respiration et les mouvements des soufflets permettront d’explorer la notion d’empathie kinesthésique et de sonder la dimension anthropomorphique de ces objets sur scène. La résidence au 303 permettra de finaliser une première ébauche concise de la pièce.

Prenant racine dans une carrière de peintre, et plus largement par la suite en arts visuels et numériques, Sarah Bronsard trouve son terrain le plus fertile dans la danse contemporaine et le flamenco. C’est à travers diverses collaborations musicales et chorégraphiques qu’elle développe de nouveaux dialogues à partir de la danse flamenco où rythmique, intensité, contrastes et codifications entrent en jeu. Ses pièces Ce qui émerge après (4kg) (2014) et En attendant le pick-up (2015) ont été présentées par Tangente. Elle travaille actuellement sur un mémoire en danse à l’UQAM autour de l’interaction entre danseurs et musiciens sur scène. Patrick Saint-Denis a étudié la composition aux conservatoires de Québec, La Hague et Montréal (doctorant en 2014), ainsi que les mathématiques à l’UQAM et l’Université de Laval. Il conçoit des installations interactives destinées au format concert. Ses performances intègrent plusieurs formations musicales qui conduisent soniquement les installations. Son travail a été présenté à l’International Digital Arts Biennial (BIAN/Elektra, 2014), Montréal Nouvelles Musiques Festival (Canada, 2005, 2009, 2015), ISCM World Music Days (Croatia 2005, Slovakia 2013), Cervantino Festival (Mexico, 2009) et ICMC (United Kingdom, 2011).

SYNGJA (résidence technique, hiver 2017)

Syngja est une collaboration multidisciplinaire entre les soeurs Jasa Baka et Tyr Jami. Syngja : (/ˈsiɲca/), du verbe islandais ‘chanter’ est un mot d’Ingjibjorg Gudmunsdottir (1891-1994) que leur grand-mère Lang Amma répétait souvent alors qu’elle chantait des chansons, poésies et hymnes islandais, enregistrés sur cassette. Lorsqu’elles performent en tant que groupe, Tyr Jami compose, joue du cello, interprète et manipule les enregistrements de Ingibjorg. Jasa Baka crée des projections live analogique, interprétant le son live notamment. Ensemble, elles créent des expériences infusées de spiritualisme surréel, transportant leur public dans un paysage onirique. En 2015, Syngja a retrouvé des archives de familles (super 8, 8 mm, VHS, Hi8) digitalisés et des cassettes traduites en anglais. Au cours de cette résidence, elles travailleront à re-interpréter des histoires entremêlées entre ces archives et leur propre processus artistique. L’année passée, elles ont commencé à collaborer avec l’artiste en nouveaux médias Frances Adair Mckenwie. Ce processus continuera, avec aussi la réalisatrice Catherine Legault qui documentera le projet pour un documentaire, jusqu’à ce qu’elles partent pour Ísafjörður (Islande) en 2017 pour une résidence à ArtsIceland.

Jasa Baka est une artiste multidisciplinaire basée à Montréal. Ses dessins illustrent des créatures appelées fluffs qui font de la solitude banale un club d’amitié surréel. Elle vit pour embellir les autres et transformer leur propre version d’eux-mêmes, les faisant grandir à travers des caractères de leur propre folklore. Elle croit que les technologies analogiques et le fait-main sont nécessaires et ceci constitue une part délicieuse de son esthétique. Elle crée des costumes pour Tanya Tagaq, Laakkuluk Williamson Bathory, Stratofyzika, Klo Pelgag et Tommy Kruise. Elle détient un baccalauréat en conception théâtrale de l’Université de Concordia (2008). Tyr Jami est une violoncelliste née à Vancouver, installée à Montréal depuis une tournée avec son groupe The Winks, en 2006. Diplômée de l’Université Concordia en performance musciale (2011), elle a fait des tournées en Amérique du Nord, en Europe et en Australie avec ses chansons pop électro psychédélique-folk originales et expérimentales. Elle explore le son à travers les boucles, l’improvisation et les effets, créant une structure pour ses nouvelles chansons folk qui deviennent la graine des ancêtres, instruments passés et technologie d’aujourd’hui. http://livingcartoon.tumblr.com/ et www.syngja.ca

WIVES (résidence technique, été 2016)

Le collectif WIVES travaille sur un film d’action anti-oppressif, sous format scènique. Nous nous insérons comme des variables dans l’équation du genre, rendant possible au corps collectif de déterminer ce qui est réel ou non. Prenez le slogan du film Taken (2008), retirez les clichés oppressives et vous obtenez « Ils ont pris l’agent de cet agent. Cet agent prendra leurs vies ». Le corps du collectif WIVES métabolise le film d’action dans sa pure sensation. Comment performer un film? Nous trouvons le potentiel transformationnel des corps et matériels avec l’action, la sculpture et la vidéo. Y a-t-il des divergences entre un vrai film d’action et ce que WIVES peut faire – nous utilisons ce que nous avons. Nos échecs dans l’imitation révèlent l’exclusivité inhérente de cette institution : nous échouons à la copier là où elle n’est pas faite pour nous. Toutes les stratégies sont accomplies en collaboration. WIVES performe nos relations réelles l’une avec l’autre.

WIVES est un collectif de performance féministe basé à Montréal et à Toronto. Julia Thomas, Emma-Kate Guimond et Aisha Sasha John sont versées dans diverses textures en danse, chacune apportant sa pratique individuelle à la collaboration : menuiserie, vidéo, sculpture et poésie. WIVES crée des performances qui interviennent au niveau de l’oppression culturelle des institutions (films d’action, sports professionnels, Disney) les creusant de leur étrangeté destructive de sorte que seule reste la sensation. ACTION MOVIE sera développé en résidence au Studio 303 et au Vermont Performance Lab, puis sera présenté à La Chapelle Scènes Contemporaine début 2017. WIVES a aussi créé et présenté feeled (OFFTA 2016, Montreal and Hatch 2015, Toronto) et Sea Foam Blue (SummerWorks 2014, Toronto). WIVES programme la série semi-annuelle de performance interdisciplinaire ASSEMBLÉE (ENGAGEMENT PARTY), qui a débutée en avril 2016 au Studio 303.


PRÉCISIONS SUR CHAQUE RÉSIDENCE

Les résidences d’été sont destinées à la recherche et sont offertes chaque année en juillet et août. Nous privilégions le travail collaboratif, interdisciplinaire et/ou expérimental. Nous aimons voir des artistes qui n’ont pas peur de l’échec ou qui le font avec brio. Ces résidences peuvent être intensives (jusqu’à 100 heures) ou plus courtes (40 heures) en fonction des besoins de l’artiste et de son projet. Les artistes en résidences d’été bénéficient d’un accès au studio, de mentorat artistique et de soutien organisationnel (promotion, communication avec les diffuseurs), technique et financier.

Les résidences d’hiver offrent à deux artistes/groupes un accès illimité au studio et à son équipement pour une semaine chacune. Ces résidences sont idéales pour peaufiner et travailler les détails techniques d’un projet développé.

Échange avec le Vermont Performance Lab
Le Studio 303 organise un programme d’échange en résidence en collaboration avec Vermont Performance Lab, basé à Guilford, afin d’envoyer chaque année deux artistes poursuivre leur recherche à l’étranger et échanger avec la communauté sur place. Il n’y a pas de processus d’application. Les artistes sont choisis parmi nos artistes en résidence en fonction de leurs disponibilités, du financement disponible et des intérêts de nos partenaires. Nous tentons également de choisir les artistes qui bénéficieraient le plus de cette expérience. En échange, le Studio 303 accueille deux artistes américains pour des résidences personnalisées.

REMIX
Le Studio 303 commissionne chaque année l’événement REMIX et offre dans ce cadre une résidence de création de 20h. La sélection des artistes se fait par appel de dossier.

Commissaire-en-résidence
Avec pour intention de soutenir un-e commissaire émergent-e en art de la scène, le Studio 303 offre une résidence incluant mentorat ainsi que du soutien technique et communication. En 2016-17, le collectif WIVES produira son événement : ASSEMBLÉE, en novembre 2016 et avril 2017 avril 2017.