MONTRÉAL

 

En danse, Montréal est un centre d'innovation, de création et de diffusion mondialement reconnu. Autant les artistes en début de carrière que les plus établi-es sont attiré-es par cette ville et les occasion qu'elle recèle. Avant de vous lancer dans la création et la présentation de votre propre travail, il peut être utile d'avoir une idée de ce qui se passe déjà ici. Dans cette section, vous trouverez un aperçu des créateurs, présentateurs et autres ressources locales.

La danse à Montréal est créée à différentes échelles, à la fois par des compagnies de danse et par des chorégraphes indépendant-es.

Il y a une poignée de grandes compagnies à Montréal, parmi lesquelles on compte la Compagnie Marie Chouinard, bjm et Les Grands Ballets Canadiens de Montréal. Ces organismes embauchent des danseur-euses à temps plein, ont un personnel administratif important et fonctionnent avec des budgets annuels atteignant des millions.

Montréal accueille également un nombre croissant de compagnies de taille moyenne âgées de cinq à vingt ans. Celles-ci incluent, entre autres, Daniel Léveillé Danse, Par Bleux (Benoît Lachambre), Flak (José Navas), Nyata Nyata (Zab Maboungou), Sinha Danse (Roger Sinha), Carré des Lombes (Danièle Desnoyers), MAYDAY (Mélanie Demers) et RUBBERBANDance Group. Cas Public (Hélène Blackburn) et Bouge-de-là (Hélène Langevin) sont aussi deux compagnies bien connues qui se concentrent sur la performance pour le jeune public. De nombreux organismes de taille moyenne disposent de personnel administratif à temps plein ou partiel. Cependant, les danseur-euses qui travaillent avec ces compagnies sont des travailleur-euses indépendant-es et travaillent sur une base contractuelle.

Les compagnies de danse montréalaises sont constituées en organismes à but non lucratif (OBNL) dotés d'un conseil d'administration. Les chorégraphes n'ayant pas de structure corporative sont considéré-es comme «indépendant-es». Presque toustes les chorégraphes émergent-es commencent comme indépendant-es, et de nombreux artistes en milieu de carrière et établi-es ont choisi de le rester. Les exemples incluent George Stamos, Andrew Tay et Maria Kefirova. Bien que la constitution en société donne à un-e chorégraphe un accès à certaines possibilités de financement, cela implique également beaucoup de travail administratif supplémentaire. La plupart des chorégraphes émergent-es n'ont pas besoin de s'incorporer et certain-es artistes n'en ressentent jamais le besoin.

Récemment, certaines compagnies ont commencé à intégrer des artistes indépendant-es sous leur nom, fournissant à ces jeunes artistes un soutien administratif et à la production. Les exemples incluent Clara Furey et Dana Michel avec Par B.L.eux, ou Manuel Roque et Ellen Furey avec Daniel Léveillé Danse. Certain-es chorégraphes indépendant-es se sont également regroupé-es pour partager une structure administrative, comme Je suis Julio (Ariane Boulet, Catherine Lavoie Marcus, Dorian Nuskind-Oder et Nate Yaffe) ou Lorganisme (Caroline Laurin-Beaucage, Amélie Rajotte, Catherine Gaudet et Anne Thériault). Ces nouveaux modèles ont été développés principalement par désir de mentorat, de soutien entre pairs et de mise en commun des ressources administratives.

Conseil: Pour mieux connaître les noms et les visages des artistes de la danse montréalaise, les listes d’abonnements disponibles sur le site Web du RQD sont un bon point de départ.

Les diffuseurs peuvent être divisés en deux catégories générales: ceux qui proposent une saison régulière (généralement de septembre à mai) et les festivals (ayant lieu annuellement).

Parmi les diffuseurs avec une saison régulière, Danse Danse propose un programme de productions nationales et internationales dans des salles telles que le Théâtre Maisonneuve et la Cinquième Salle de la Place des Arts. De l'autre côté de la rue, l’Édifice Wilder accueille deux diffuseur-es: l'Agora de la danse présente principalement des compagnies de taille moyenne et des chorégraphes locaux-ales, tandis que Tangente est un important diffuseur d'artistes émergent-es. Danse-Cité propose une variété de productions de danse initiées par des chorégraphes, des danseurs-euses ou des musicien-nes. Le Studio 303 est un centre de création et de diffusion interdisciplinaire proposant des œuvres courtes souvent liées à un thème particulier.

L'Usine-C, le Théâtre La Chapelle Scènes Contemporaines et le MAI (Montréal - arts interculturels) comptent parmi les diffuseurs pluridisciplinaires qui incluent de la danse dans leur programmation.

Le réseau des Maisons de la culture est un aspect unique de la scène culturelle montréalaise. Ces théâtres, généralement rattachés à des bibliothèques publiques, se trouvent dans de nombreux quartiers. Ils présentent gratuitement une large gamme de performances. La Maison de la culture Plateau Mont-Royal, la Maison de la culture Frontenac, la Maison de la culture Claude Leveillé et le Centre Culturel Notre-dame-de-grâce en particulier présentent beaucoup de danse.

Il existe également des diffuseur-es ‘DIY’ qui organisent des projets ponctuels et des événements récurrents. Ces événements présentent souvent une gamme d'artistes de différents niveaux d'expérience et disciplines. Des exemples incluent «Piss in the Pool» et «Short & Sweet», tous les deux organisés par Wants & Needs Danse, ainsi que l'événement «So you think that was dance!?», qui se produit périodiquement au Mainline Theatre. Chaque année, de nouveaux événements alternatifs s'épanouissent sur la scène montréalaise. Leur programmation est parfois partagée par le biais des appels ouverts, mais le plus souvent par le bouche-à-oreille et les médias sociaux.

Le Festival TransAmériques (FTA), qui se tient chaque année pendant deux semaines à la fin du mois de mai et au début du mois de juin, a une portée internationale et programme des œuvres de danse et de théâtre. L'OFFTA, organisé chaque année au même moment que la FTA, propose des programmes de danse, de théâtre et de performance interdisciplinaire. D’autres festivals, tels que Quartiers Danses, ZH, Vue sur la Relève et le Festival Phénomena, peuvent également être des tremplins pour les artistes émergent-es. 100lux organise un festival annuel de chorégraphie de danse urbaine pour la scène et BIGICO organise un festival bisannuel de gigue contemporaine. Enfin, le festival Bouge d’ici et le Festival Fringe de Montréal sont deux autres points d’entrée importants pour de nombreux jeunes créateur-ices.

Conseil: Le RQD et La danse sur les routes du Québec tiennent tous les deux des calendriers complets des spectacles de danse montréalais.

Conseil: Aller voir des spectacles est un moyen important de s’intégrer au milieu de la danse à Montréal. Cela vous aidera à mieux comprendre les pratiques des artistes montréalais-es, et vous rencontrerez de nombreux membres de la communauté de la danse avant et après les spectacles. Bien que le prix des billets puisse s’accumuler rapidement, de nombreux diffuseurs offrent une entrée gratuite aux bénévoles qui travaillent à la billetterie ou au bureau. Consultez les sites Web des diffuseurs pour les appels, ou envoyez un courriel pour vous renseigner sur les possibilités de bénévolat.

Montréal accueille deux foires commerciales importantes dans le domaine des arts de la scène, où les diffuseur-es se réunissent pour magasiner des spectacles. CINARS est un événement international majeur qui se déroule les années paires. Parcours Danse est un événement similaire, mais plus petit, qui a lieu les années impaires. Pour participer à ces deux réunions, les artistes doivent présenter une demande et, si sélectionné-es, payer des frais de participation. Ces événements sont principalement utiles aux artistes expérimenté-es et aux compagnies prêtes à tourner avec une soirée complète. Cependant, les artistes plus jeunes peuvent également participer pour en savoir plus sur le marché des tournées et pour rencontrer des diffuseur-es.

Pour les débutant-es, des événements plus conviviaux sont régulièrement proposés par des organisations tels que Circuit-Est, La Serre - arts vivants, Festival Vue sur la relève et Studio 303. Par exemple, le Studio 303 produit À Table, un événement récurrent qui facilite les conversations informelles et amicales entre artistes et diffuseur-es.

Conseil: CINARS et Parcours Danse proposent des appels aux bénévoles. Le bénévolat au cours de ces événements fournit un accès gratuit et une occasion d'observer de près le fonctionnement de ces foires.

À Montréal, de nombreux organismes fournissent des services de soutien aux artistes de la danse. Ces organismes seront des ressources inestimables tout au long de votre carrière professionnelle à Montréal. Ils peuvent être divisés en trois catégories de base: Il existe des associations professionnelles qui ont des critères d’adhésion spécifiques et demandent généralement une cotisation annuelle. Pour les artistes de la danse, le Regroupement québécois de la danse (RQD) offre une multitude de services, notamment des classes techniques, des subventions à la formation et des ateliers de perfectionnement professionnel. Le centre de ressources sur la transition des danseurs (DTRC) a été créé pour aider les danseur-euses à effectuer les transitions de carrière avec des subventions à la formation et des conseils personnalisés. La danse sur les routes du Québec (DSR) présente le travail d'artistes québécois-es, tout en aidant à les mettre en contact avec des diffuseur-es régionaux-ales. Ils offrent des ateliers de perfectionnement professionnel, un catalogue en ligne d’œuvres disponibles pour tourner et organisent l’événement bisannuel Parcours Danse. Pour celleux dont la pratique artistique se rapproche d'autres disciplines, il y a le Réseau des arts interdisciplinaires de Québec (RAIQ). Le réseau English Language Arts Network (ELAN) aide les artistes anglophones du Québec à établir des liens professionnels et à accéder aux services (ateliers, subventions, etc.).

D'autres organisations fournissent des services de soutien administratif spécialisés aux artistes de la danse. Diagramme Gestion culturelle et Bureau de Prod. offrent une assistance aux chorégraphes indépendant-es pour un tarif horaire. Les services comprennent la préparation de subventions, la tenue de livres, les communications et d'autres types de travaux administratifs. La Machinerie fait le pont entre artistes et expert-es (assistance technique, communication, administration, etc.) et propose également une boîte à outils exhaustive de modèles et des outils d'organisation pour diverses tâches administratives.

Enfin, il existe des organisations de services qui ne sont pas spécifiquement axées sur les arts, mais peuvent être utiles aux jeunes artistes. Youth Employment Services (YES) est un organisme communautaire à but non lucratif qui offre des services de recherche d’emploi et de travail indépendant en anglais aux Québécois-es. Reconnaissant le grand nombre de jeunes artistes montréalais-es, iels ont développé une série de services pour les artistes tels que l’orientation professionnelle, le coaching en entreprise et un concours de subventions de démarrage. Le réseau Carrefours jeunesse-emploi (RCJEQ) offre des services similaires en français. Les offices jeunesse internationaux du Québec (LOJIQ) offrent des bourses de voyage ainsi que des stages à l'étranger.

On retrouve deux programmes de danse de niveau universitaire à Montréal, ainsi que plusieurs autres programmes de formation professionnelle. L’Université du Québec à Montréal (UQÀM) offre un doctorat interdisciplinaire, une maîtrise et un diplôme en éducation somatique, ainsi que deux concentrations au baccalauréat (enseignement et interprétation). Le programme de baccalauréat de l’Université Concordia met l’accent sur le processus de création et la chorégraphie. Leur maîtrise interdisciplinaire pourrait également intéresser les chorégraphes.

Pour la formation intensive non universitaire, les écoles suivantes ont des programmes de formation réputés : pour la danse contemporaine, l’École de danse contemporaine de Montréal (EDCM) et pour le ballet, l’École supérieure de ballet du Québec. Chacune offre un diplôme d'études collégiales (DEC ou AEC) et / ou des programmes d'études secondaires. Le Collège Montmorency, le Cégep St-Laurent et le Collège de Maisonneuve offrent un DEC de deux ans spécialisé en danse. La Compagnie Nyata Nyata offre maintenant un programme de formation professionnelle de deux ans en danse africaine et percussions. Stéphanie Decourteille est une enseignante indépendante qui propose un programme de formation en danse contemporaine.

Divers lieux de danse dans la ville proposent régulièrement des formations et des ateliers de danse pour les professionnel-les. Le RQD organise une session de trente semaines de classes contemporaines du matin données par une variété de professionnel-les de la danse d’ici et d’ailleurs. Circuit-Est et Studio 303 offrent également une gamme d'ateliers couvrant diverses techniques de danse et pratiques somatiques, ainsi que des processus créatifs. Danse à la carte propose des cours de ballet de niveau professionnel et de danse contemporaine. 100lux maintient des listes de cours de danse urbaine. On trouve d’autres classes dans des centres privés tels que Studio Bizz ou L’Espace du Mouvement.

L’entraînement en danse au cours de l’été est moins constant, mais il y a tout de même quelques options. Les programmes intensifs d'été de TransFormation Danse, de Springboard Danse Montréal et de l'EDCMTL ont lieu annuellement, tandis que d'autres compagnies (comme Lorganisme) proposent des intensifs d'été occasionnels. Depuis 2014, le collectif Nous Sommes L’Été propose aussi des cours, des ateliers et des espaces de recherche et de création pendant l’été.

Conseil: En plus de renforcer et d’élargir vos compétences, la participation à des cours et ateliers professionnels est un excellent moyen de rencontrer d’autres artistes de la danse locaux-ales.

Il existe de nombreuses places où louer un studio de répétition. Diverses écoles, diffuseurs, institutions (Conseil des arts de Montréal), compagnies et artistes indépendant-es offrent leur studio à louer, souvent à l’heure.

Consulter le RQD pour la liste complète. Les prix varient entre 12 $ et 18 $ de l'heure.

Conseil : vous trouverez les listes des studios à louer sur le site web du RQD.

De nombreux organismes montréalais proposent des résidences de création dans leurs studios, par invitation ou par appel ouvert. Une résidence offre généralement un espace de répétition gratuit à un-e artiste pour travailler sur un projet spécifique pour un certain nombre d’heures. Certaines résidences offrent également un soutien supplémentaire, comme un cachet d’artiste, un accès aux équipements techniques ou un budget pour engager un-e mentor artistique. Les résidences sont utiles non seulement pour l'espace qu'elles fournissent, elles constituent également un moyen de développer des relations avec une institution et de donner une visibilité à votre travail. Obtenir du soutien sous la forme de résidences peut également aider aux demandes de financement ou aux démarches auprès des diffuseur-es.

Conseil : consultez notre répertoire pour une liste de résidences.